Assise sur cette plaque désertique, mon corps dénudé s'offrant aux caprices du vent, face à une mer déchaînée, un pâle soleil réchauffant à peine mon âme... Aux alentours, pas une âme qui vive,
pas un animal, seul les vagues venant lécher mon corps... Les yeux perdus dans le vague, je reste assise des heures, sans prendre conscience réellement de ce spectacle qui se déroule sous mes
yeux...
Les souvenirs déferlent, en vagues lanscinantes, dans mon esprit : viols, meurtres sanglants et sordides, trahisons amicales et amoureuses, jugements hatifs, incompréhension totale, chantage
affectif, harcèlement morale...
Tout me revient, haine, colère, envie de vengeance, pleurs, déceptions, appitoiements, lassitude... Mes peurs, véritables phobies handicapantes, se déchainent tour à tour. Elles ne forment plus
qu'une seule et unique peur, celle de l'autre...
L'océan face à moi se calme peu à peu, les vagues se font plus douces, plus légères. Le soleil un peu plus brillant, presque réconfortant. Les fantômes du passé, un à un, se sépare de moi et
s'avance vers l'eau. Un dernier signe avant de disparaitre : mon frère, mon amie, la petite fille pure et innocente que j'étais, mes ancêtres mais aussi les meurtriers, les profiteurs, les
décevants...
Mon regard se pose peu à peu sur ce paysage et je pends conscience de ce qui m'entoure. Je ne suis plus seule. Une présence tout d'abord, celle de l'homme qui a su m'apprivoiser, qui a su aller
au delà des apparences et qui m'a aimé pour ce que j'étais... Et puis, petit à petit, je suis entourée de la famille que je me construis jour après jour. Amis anciens et récents... Vous, qui d'un
sourire, d'un mot ou bien d'un signe, me poussez à aller de l'avant. Je reste assise, souriante.
Il est temps de dire au revoir à ce passé trop lourd, j'ai assez pleurer sur mes misères, j'ai assez pester contre ce destin cruel. La vengeance n'amène à rien, à part à rendre malheureux
d'autres personnes. Il me faudra me lever, à un moment donné, abandonné mes peurs, faire confiance au présent et au futur en constructions.
J'ai juste besoin de temps... De temps...
(Cette note trottait dans ma tête depuis quelques jours. Il m'a fallut du temps pour trouver les mots qui refléteraient mes émotions du moment... Je l'a dédié à deux personnes qui me sont chères
: à celui qui partage ma vie, jour après jour, sans baisser les bras, réconfortant et à un ami qui m'a fait prendre conscience, je suis sûre sans s'en rendre compte, qu'il était temps pour moi de
passer à autres choses. Merci à vous deux.)