Lorsque mon frère est mort, mon monde s'est effondré sous un puissant tremblement de terre. Après que la tempête se fut calmée en moi, il ne restait plus que ruines et désolation. Je me suis
jurée de ne plus aimer, de ne plus ressentir la moindre émotion afin de ne plus connaître une telle tristesse, cette douleur insoutenable. Il ne restait plus qu'un désert où aucune fleur ne
pouvait pousser.
Je suis restée longtemps dans mon coin, fuyant la compagnie des miens, la dure réalité qui s'offrait nue à mes yeux. Je refusais tout en bloc de peur de souffrir encore et encore. Ce n'était pas
ma première épreuve non mais je me suis jurée que ce serait la dernière.
Puis, j'ai repris ma vie mais sans réellement la vivre. Telle une vivante morte observant les autres vivres, regardant leurs rires ou leurs larmes de loin, refusant d'être toucher, m'en
convainquant en tout cas.
Et puis, j'ai rencontré un homme qui a petit à petit tout changer. Me laissant libre du rythme, sans s'imposer. Il a su écouter ma douleur, l'apprivoiser. Doucement, il a glissé sa main dans la
mienne, sans me brusquer. Il était là , tout simplement, à chacun de mes doutes.
Il ne s'est pas décourager face à mes tentatives désespérées d'échapper à mes sentiments. Il a eu la patience d'attendre que mon coeur puisse enfin aimer à nouveau.
Deux ans que nous partageons notre quotidien. Lorsqu'il m'a fait sa demande en mariage, je me suis effondrée. Pas de tristesse mais parce que le mur que je m'étais efforcée de constuire, ma
muraille de chine, se fissurait petit à petit.
Des flots d'émotions retenues m'ont balayées. J'ai cru me noyer. J'ai laissé exprimer, enfin, ma colère, ma rage, mes larmes, ma tristesse mais aussi mon amour longtemps muet. Il m'a fallu du
temps pour reprendre le dessus. Un mois de silence loin de tout. Des mois de sommeil, de retrait dans ma solitude.
J'ai pris le temps de m'écouter, d'apprendre ce que je voulais vraiment. Il est sûrement plus facile de refuser les sentiments, de les enfouir profondément plutôt que de les vivre en prenant le
risque de. Mais je suis vivante alors pourquoi ne pas profiter de ce que la vie m'offre.
Je me sens renaître. Bien sûr, la douleur est toujours là , cicatrice toujours ouverte mais il y a à nouveau des fleurs qui s'ouvre, des arbres qui renaissent, des papillons qui batifolent.
Longtemps aveugle, mes yeux s'habituent petit à petit à voir à nouveau. Longtemps sourde, mes oreilles réentendent à nouveau le doux son de la vie qui s'offre à moi.
Cile, tes prières sont venues jusqu'à moi. Sans y prendre garde, les signes sont venus me boulverser, me questionner, me remettre en question.
Titou, je ne te remercierais jamais assez de ce que tu m'offres jour après jour. J'ai hâte d'être ta femme.
Humeur du jour : je me délecte de tout petits riens.
Météo du jour : c'est le printemps.
Musique du jour : je découvre "A perfect Circle"
Vidéo du jour : une reprise décoiffante d'un titre connu
Par Lemondedesophie
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